Citrine améthyste 2 variétés différentes
La citrine et l’améthyste appartiennent toutes deux à la famille des quartz, cristallisant dans le système hexagonal sous forme de cristaux généralement rhomboédriques. Leur composition chimique est identique, soit SiO₂.
Elles présentent les mêmes propriétés physiques et optiques : dureté, couleur du trait, densité, clivage, cassure, indice de réfraction, biréfringence et dispersion. La principale différence entre ces deux variétés réside dans leur coloration : l’améthyste se distingue par ses nuances violettes, tandis que la citrine se caractérise par sa teinte jaune.
Il est souvent admis qu’une améthyste chauffée peut prendre l’apparence d’une citrine. Cette transformation thermique, qu’elle soit naturelle ou provoquée, suggère que certaines citrines pourraient résulter de modifications géologiques subies par l’améthyste au cours du temps. Ce phénomène contribuerait à expliquer la relative rareté de la citrine naturelle par rapport à l’améthyste.
Ce qui est rependu en générale
Lorsque vous soumettez une citrine à un laboratoire de gemmologie afin d’obtenir un rapport d’authenticité, celui-ci procède à une analyse complète de la pierre pour en déterminer la nature. L’objectif est de confirmer qu’il ne s’agit ni d’une imitation, ni d’un quartz synthétique. Si le quartz présente une couleur jaune et qu’aucune anomalie n’est détectée, il sera alors identifié comme quartz variété citrine naturelle.
En revanche, la plupart des laboratoires ne poussent pas les investigations jusqu’à déterminer si la couleur du quartz résulte d’un chauffage naturel ou d’un traitement thermique artificiel. Ce type d’analyse approfondie nécessiterait en effet des méthodes destructives ou semi-destructives, incompatibles avec l’examen de pierres facettées destinées à rester intactes.
Ainsi, les laboratoires préfèrent généralement ne pas se prononcer explicitement sur l’origine thermique de la coloration. Dans ce cas, le rapport peut mentionner une remarque du type : « Présence d’un éventuel traitement thermique non déterminée, mais possible », ou rester volontairement vague sur ce point.
Ce que nous pouvons dire aujourd'hui
Des recherches récentes portant sur les impuretés présentes dans les minéraux ont permis aux chercheurs de distinguer deux types de quartz jaune. En simplifiant, on peut dire que la citrine issue du chauffage de l’améthyste n’est pas la véritable citrine naturelle. Voici les explications.
Pendant longtemps, il a été admis que la citrine résultait d’une simple évolution géologique de l’améthyste. L’améthyste est en effet un quartz dont la coloration violette est liée à la présence de fer³⁺ (Fe³⁺) soumis à une irradiation naturelle. Sous l’effet de cette irradiation, un électron est déplacé, créant un centre coloré. Lorsque l’améthyste est chauffée, l’électron retourne vers l’ion fer, modifiant à nouveau le centre coloré et donnant une teinte jaune–orangée. C’est ce processus qui produit ce que l’on appelle couramment la « fausse citrine », issue d’améthystes chauffées de façon artificielle ou naturelle.
En revanche, les études montrent que la véritable citrine ne provient pas d’améthyste. Elle appartient en réalité au groupe des quartz fumés contenant des traces de lithium. Ce lithium est responsable de la coloration brune caractéristique du quartz fumé. Lorsque de faibles quantités d’aluminium sont présentes dans la structure cristalline, cet élément devient à son tour le dopant principal. Sous l’effet d’une irradiation naturelle, un électron lié à l’oxygène est éjecté et crée un centre coloré différent, générant une coloration jaune : il s’agit alors de la véritable citrine naturelle.
La proportion relative de lithium et d’aluminium influence la nuance finale de la pierre.
Une teneur plus élevée en aluminium tend à produire un jaune plus intense, typique de la citrine.
Une proportion plus importante de lithium renforce les tonalités fumées, conduisant à des nuances cognac, puis au quartz fumé proprement dit.
Concernant la citrine de Madère, à la teinte rouge-orangée prononcée, il s’agit d’une citrine ayant subi une chauffe naturelle, liée à des conditions géothermiques particulières, notamment dans les environnements volcaniques, à l’image de la tanzanite, dont la coloration est également due à une chauffe naturelle en contexte volcanique.
En conclusion
Les connaissances actuelles permettent d’affirmer qu’il existe effectivement deux types distincts de quartz jaune.
D’une part, on trouve un quartz présentant une teinte jaune à dorée prononcée, dont la couleur résulte de centres colorés liés au fer. Ce quartz ne peut pas être considéré comme une citrine au sens strict du terme, même si cette appellation reste parfois utilisée de manière imprécise dans certains milieux gemmologiques ou minéralogiques. Cette variété peut provenir d’améthystes ayant subi un chauffage, qu’il soit naturel ou artificiel. C’est ce que l’on désigne couramment, et de façon impropre, comme une « fausse citrine ».
À l’inverse, la véritable citrine naturelle se distingue par une coloration influencée par des impuretés, notamment le lithium, caractéristiques des quartz fumés. Sa palette chromatique va du jaune clair au jaune plus soutenu, mais conserve généralement une nuance propre aux quartz fumés.
La citrine jaune intense est la plus recherchée pour sa couleur vive.
La variété à teinte orangée ou cognac, rappelant des nuances vieillies en fût de chêne, est plus rare et donc plus recherchée.
Quant à la citrine Madère naturelle, reconnaissable à son ton rouge-orangé soutenu, elle demeure exceptionnelle, et sa rareté se reflète logiquement dans son prix.
Il convient donc de rester vigilant : une grande partie des « citrines » bon marché proposées sur le marché sont en réalité des quartz modifiés artificiellement, le plus souvent issus d’améthystes chauffées.
Quel prix ?
Nous vous proposons ci-dessous des fourchettes de prix moyennes. Celles-ci peuvent varier en fonction des “4C” : couleur, pureté, taille et poids. Plus une pierre s’écarte des standards habituellement présents sur le marché — par une couleur exceptionnelle, une pureté remarquable ou une taille particulièrement soignée — plus sa valeur peut augmenter.
Pour toute estimation fiable, il est indispensable de consulter un professionnel : gemmologue, joaillier formé ou laboratoire de gemmologie. Ils seront en mesure de vous fournir une évaluation précise fondée sur les critères de qualité de la pierre et sur les tendances réelles du marché.
Voici à présent des fourchettes de prix moyennes pour des gemmes de qualité standard :
| Type de pierre | Prix estimé par carat (USD) |
|---|---|
| Améthyste (qualité gem) | 30 – 35 $ |
| Quartz jaune “non citrine” (proxy) | ~ 6 – 13 $ selon qualité (d’après guide Tanzanie) |
| Citrine standard | 13 – 22 $ |
| Citrine cognac (“orangée / brunâtre chaud”) | Peut monter jusqu’à ~ 70 $/ct selon pièces haut de gamme |
| Citrine Madère (“Madeira”) | ≈ 25 – 35 $ / ct selon exemple, mais varie fortement selon taille & qualité |
