Le rubis (variété rouge du corindon) Nature minéralogique
Le rubis est la variété rouge du corindon (Al₂O₃), une pierre précieuse naturelle dont la couleur intense est due à la présence de traces de chrome. Cette composition chimique spécifique lui confère des teintes allant du rouge vif au rouge profond légèrement violacé, très recherchées en joaillerie. Tous les autres corindons, présentant des couleurs différentes comme le bleu, le jaune ou le vert, sont regroupés sous l’appellation de saphirs.
Dureté : 9 sur l’échelle de Mohs, ce qui en fait l’un des minéraux les plus durs après le diamant, idéal pour un usage en bijouterie durable
Densité : environ 4.0, indiquant une pierre relativement dense et résistante
Système cristallin : trigonal, caractérisé par une structure cristalline stable et bien définie
Couleur : rouge à rouge violacé, déterminée principalement par la concentration en chrome, avec des nuances influençant fortement la valeur du rubis
Pourquoi le rubis est séparé du saphir
Historiquement, les gemmes ont été nommées bien avant le développement de la chimie moderne, ce qui explique certaines distinctions encore utilisées aujourd’hui. Le rubis, en raison de sa rareté et de sa couleur rouge intense, était déjà perçu comme une pierre précieuse exceptionnelle et associée au pouvoir, à la richesse et à la royauté dès l’Antiquité.
Lorsque la minéralogie moderne a démontré que le rubis et le saphir appartiennent en réalité au même minéral, le corindon, la distinction entre les deux a néanmoins été maintenue pour des raisons culturelles, historiques et commerciales. Aujourd’hui, le terme « rubis » est strictement réservé au corindon présentant une couleur rouge franche et saturée, considérée comme la plus noble, tandis que toutes les autres variations de couleur (bleu, jaune, vert, rose, etc.) sont classées sous l’appellation de saphir, renforçant ainsi la valeur et le positionnement unique du rubis sur le marché des pierres précieuses.
Rubis vs saphir rose
La distinction entre le rubis et le saphir rose est subtile et parfois controversée, notamment dans le domaine de la gemmologie où la classification repose sur des critères précis de couleur et de saturation.
Rubis : rouge franc à rouge légèrement violacé, avec une saturation élevée et une intensité de couleur marquée, caractéristiques les plus recherchées sur le marché des pierres précieuses
Saphir rose : teintes allant du rose clair au rose moyen, avec une saturation plus faible et une dominance moins prononcée du rouge
Le critère principal de différenciation repose sur l’intensité du rouge, directement liée à la teneur en chrome. Une pierre dont la couleur est jugée trop claire, trop rosée ou insuffisamment saturée sera classée comme saphir rose plutôt que comme rubis, ce qui influence significativement sa valeur et son positionnement en joaillerie.
Les “faux rubis” historiques
Pendant des siècles, toutes les pierres rouges étaient désignées sous le nom de rubis, souvent appelées « balas rubis », en raison de leur apparence similaire et de l’absence de classification scientifique précise. Ce n’est qu’en 1783, avec les avancées de la minéralogie moderne et l’étude de la composition chimique des minéraux, que la distinction entre les différentes pierres rouges a été clairement établie.
Exemple célèbre
Black Prince’s Ruby : longtemps considéré comme un rubis authentique en raison de sa couleur rouge intense et de sa transparence remarquable
En réalité : un spinelle rouge d’environ 170 carats, aujourd’hui reconnu comme une pierre distincte du corindon
Cette confusion historique s’explique par des propriétés visuelles très proches entre le rubis et d’autres gemmes rouges, notamment la couleur, la brillance et la transparence, rendant leur identification difficile sans outils gemmologiques modernes.
Synthèses et traitements du rubis
Le rubis fait partie des premières gemmes à avoir été synthétisées, marquant une avancée majeure dans l’histoire de la gemmologie et de la production de pierres précieuses. Dès le début du XXe siècle, la production de rubis de synthèse a permis de répondre à une demande croissante tout en rendant ces pierres plus accessibles.
Méthode Verneuil (1902) : procédé de fusion à la flamme permettant une production industrielle rapide de rubis synthétiques, largement utilisé pour sa rentabilité et son efficacité
Autres méthodes : procédés par flux et hydrothermaux, offrant des cristaux de meilleure qualité, plus proches des rubis naturels en termes d’apparence et de structure interne
Traitements courants
Chauffage thermique : technique très répandue visant à améliorer la couleur et la clarté en réduisant les inclusions visibles et en intensifiant le rouge
Remplissage au verre plombifère : utilisé pour combler les fractures internes, augmentant la transparence mais diminuant la valeur intrinsèque de la pierre
Diffusion : traitement plus rare consistant à modifier la couleur en surface par ajout d’éléments chimiques à haute température
Les rubis non traités, conservant leurs caractéristiques naturelles sans intervention humaine, sont particulièrement rares sur le marché et atteignent des valeurs nettement plus élevées, en raison de leur authenticité et de leur qualité exceptionnelle.
Gisements majeurs du rubis
Les principaux gisements de rubis dans le monde sont répartis entre des régions historiques et des sources plus récentes, chacune influençant la qualité, la couleur et la valeur des pierres extraites.
Mogok : considéré comme la référence mondiale, ce gisement produit des rubis d’une qualité exceptionnelle, notamment la célèbre teinte « sang de pigeon », très prisée pour son rouge pur et intense
Mong Hsu : autre région importante, reconnue pour ses rubis souvent traités thermiquement afin d’en améliorer la couleur et la transparence
Sri Lanka : source de rubis aux teintes généralement plus claires, parfois tirant vers le rose, appréciées pour leur luminosité
Mozambique : acteur majeur de la production moderne, fournissant une grande quantité de rubis de qualité variée, dont certains rivalisent avec les plus beaux spécimens birmans
Thaïlande, Vietnam, Tanzanie : gisements secondaires mais significatifs, offrant des rubis aux caractéristiques diverses selon les conditions géologiques locales, contribuant à la diversité du marché des pierres précieuses
Valeur du rubis en dollars par carat.
Le prix du rubis dépend principalement de plusieurs critères essentiels en gemmologie : la couleur (critère dominant), la pureté, l’origine géographique et les éventuels traitements subis par la pierre, chacun influençant fortement sa valeur sur le marché des pierres précieuses.
Qualité commerciale : 100 à 800 USD par carat, correspondant à des pierres présentant une couleur moins intense et des inclusions visibles
Bonne qualité : 800 à 5 000 USD par carat, avec une meilleure saturation et une clarté plus homogène
Haute qualité (non traité) : 5 000 à 20 000 USD et plus par carat, caractérisée par une couleur riche, une bonne transparence et l’absence de traitement, ce qui augmente considérablement la rareté
Qualité exceptionnelle (« sang de pigeon », Mogok) : 20 000 à plus de 100 000 USD par carat, pour des rubis d’une intensité de rouge remarquable, très saturée et recherchée par les collectionneurs et la haute joaillerie
Les rubis de grande qualité sont globalement plus rares que les diamants présentant des caractéristiques équivalentes, ce qui explique leur valeur élevée et leur forte demande sur le marché international.
